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Lancement du projet Mobilité Pastorale transfrontalière apaisé et Stabilité sociale au Sahel (MOPSS).

Le programme « Mobilité transfrontalière pastorale apaisée et stabilité sociale au Sahel » (MOPSS) rentre dans le cadre du renforcement de la coordination des interventions au Sahel. Ainsi, il s’inscrit dans six domaines de la Stratégie Intégrée des Nations Unies pour le Sahel. Il contribue à l’atteinte de sept objectifs de développement durable. La proposition est en concordance avec les politiques de la CEDEAO visant l’instauration d’un environnement propice au développement du sous-secteur de l’élevage et du pastoralisme, ainsi que le renforcement des capacités des acteurs de mise en oeuvre de l’ECOWAP. L’alignement du MOPSS sur ces politiques conforte la stratégie de coopération régionale de l’ASDI, qui se réalise au Sahel avec un fonds supplémentaire dédié à la « Sécurité humaine et l’absence de violence ».
Dans les zones arides du Sahel, caractérisées par une vulnérabilité multidimensionnelle, le sous-secteur de l’élevage et du pastoralisme est l’épine dorsale des moyens d’existence des populations. Il est une source importante de revenus, d’emploi et de sécurité alimentaire et nutritionnelle. Or, plusieurs facteurs mettent à l’épreuve sa viabilité sociale et économique : les effets du changement climatique, la compétition accrue et les conflits pour accéder aux ressources naturelles, le bilan mitigé des institutions de gouvernance du foncier et de la mobilité pastorale (comités nationaux, collectivités, justice), et la marginalisation politique et économique des zones arides. Pourtant, le cadre politique et réglementaire régional est favorable au pastoralisme et à la mobilité transfrontalière des animaux. Cependant, force est de reconnaître qu’au niveau des pays, ce cadre reste peu connu et éprouve une application plutôt faible, notamment dans les espaces transfrontaliers. En outre, avec la faiblesse des institutions de l’État, certaines zones du Sahel connaissent un niveau élevé d’insécurité dans un contexte où la criminalité organisée et l’extrémisme violent sont imbriqués. Enfin, l’absence de perspectives alimente la frustration de nombreux jeunes désoeuvrés en milieu rural, et particulièrement dans les communautés pastorales. Ces derniers font par ailleurs l’objet de risques de stigmatisation et sont exposés à des récupérations dangereuses.
Parallèlement à l’émergence de ce contexte, depuis plus d’une vingtaine d’années, on relève la structuration depuis la base d’organisations professionnelles pastorales et agricoles, comme APESS, RBM et ROPPA. Celles-ci sont structurées jusqu’au niveau régional et s’affirment par une implication active dans les dialogues politiques, à travers des collaborations inter-organisationnelles et des concertations multi-acteurs. Les défis majeurs de ces organisations professionnelles demeurent la culture du leadership, la redevabilité vis-à-vis de leurs membres, la solidité financière, ainsi que la fourniture des services aux membres à la base, couplée à la veille et au plaidoyer fondés sur des éléments probants et alimentés par des dispositifs de génération et gestion des savoirs et connaissances.
C’est pourquoi MOPPS soutient la vision d’une approche régionale intégrée pour le développement du sous-secteur de l’élevage et du pastoralisme au sein duquel la sécurisation pastorale, la transhumance apaisée, et des filières transnationales mieux structurées, génèrent des bénéfices partagés pour les acteurs et actrices du monde rural. MOPSS s’appuie sur l’hypothèse principale selon laquelle le pastoralisme est susceptible de contribuer au développement durable, à la résilience des hommes et des femmes, à la sécurité humaine et à l’absence de violence. Ceci n’est possible qu’à condition que des politiques et pratiques multi-échelles et multi-acteurs soient mieux articulées et mises en œuvre, et qu’elles soient fondées sur des dialogues de proximité, et partenariats inclusifs, soutenus par des organisations professionnelles et des institutions de gouvernance politiques légitimes et redevables.
Le programme a donc pour objectif global de contribuer au renforcement de la résilience des populations agro-pastorales et à la stabilité sociale au Sahel, à travers la prévention, l’atténuation et la gestion des conflits.
Le programme, prévu pour 3 ans, est articulé autour de trois axes de travail inter-reliés aux niveaux régional, national et local : (i) renforcer la gouvernance organisationnelle, notamment dans ses dimensions de redevabilité et de crédibilité de RBM et APESS ; (ii) rendre l’environnement politique et juridique plus favorable aux spécificités du pastoralisme ; (iii) soutenir la viabilité économique et sociale du pastoralisme. Par ailleurs, le programme privilégie un ancrage des actions stratégiques envisagées au niveau des intercommunalités de trois sous-espaces transfrontaliers : le Liptako Gourma, le Kénédougou et le WAPA.
Le programme a été cocréé par le consortium dirigé par SNV, qui inclut RBM, APESS, ROPPA, Hub Rural et CARE. Ensemble, le consortium capitalise d’importantes expériences, individuelles et collaboratives, de facilitation du dialogue politique et d’influence, de changement organisationnel et de soutien à la viabilité économique et sociale des populations agro-pastorales au Sahel. En outre, SNV a développé avec chacun des membres du consortium depuis plusieurs années des relations partenariales de qualité, tant à l’échelle nationale que régionale. Ces relations ont engendré l’instauration d’un climat de confiance. Ces conditions sont favorables à la conduite de trajets de transformation approfondis et novateurs, dans un contexte d’intervention marqué par une grande volatilité.

Crédits: AK-Project